Traitements à l'étranger

Et si on faisait un traitement à l’étranger?

Les trois motifs principaux évoqués pouvant amener à envisager un traitement à l’étranger:

1. Les traitements sont moins chers à l’étranger.

2. Les résultats sont meilleurs à l’étranger. 

3. Le traitement envisagé est interdit en Suisse par la loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA).

 

Nous tenons toutefois à modérer un certain nombre de ces arguments et à vous rendre attentifs à plusieurs problèmes qui pourraient se présenter.

Loin de nous l’idée de dire qu’en Suisse, nous sommes les meilleurs ; il y a d’excellents centres à l’étranger, mais nous avons régulièrement des patientes qui reviennent après avoir vécu de mauvaises expériences.

Les traitements en Suisse sont d’excellente qualité ; les centres sont régulièrement contrôlés par les autorités cantonales et fédérales et doivent transmettre leurs résultats annuellement à un registre national. Le bureau fédéral de statistique publie ces résultats une fois par année. Plusieurs centres sont certifiés et les laboratoires accrédités, comme c’est le cas pour le CPMA et Fertisupport.

 

1. Les traitements sont moins chers à l’étranger

En Suisse, les investigations permettant de déterminer les causes de l’infertilité et certains traitements de PMA sont pris en charge par les assurances maladie, par contre les traitements de fécondation in vitro (FIV) ne sont pas remboursés. 

La facilité de se déplacer en Europe et de recourir à des tarifs aériens très compétitifs (low-cost) pour se rendre dans les grandes villes européennes, font qu’un certain nombre de couples envisage de se rendre à l’étranger. Effectivement, il existe sur internet de nombreuses offres alléchantes aux prix parfois très concurrentiels. 

Nous tenons à vous mettre en garde :

Généralement le prix annoncé ne concerne que « les traitements de base » et des frais supplémentaires viennent souvent se rajouter au prix annoncé : prise de sang, examens complémentaires, traitements particuliers. De plus il faut compter tous les frais « cachés » :

Frais de séjour sur place, frais d’avion, car même si en low-cost les prix sont parfois très bas, ce sont des prix d’appel et lors de traitements de PMA, il faut parfois prendre l’avion au dernier moment. Il faut quitter son travail, prendre des jours de congé et ce souvent pour les deux membres du couple. Ceci engendre  des coûts non négligeables. 

Vous communiquez avec ces centres par email dans la plupart des cas et ceci, bien que pratique, peut être stressant quand la réponse n’est pas celle attendue, pas comprise ou au pire ne vient pas… Il peut être parfois très frustrant de ne pas pouvoir parler avec le médecin et d’avoir toujours des « intermédiaires » - par ailleurs souvent très compétents - qui font le lien. 

Plus généralement, il est très difficile d’avoir une idée sur la qualité de ces centres, localisés pour la plupart à plusieurs centaines voire milliers de kilomètres de chez vous. Si vous avez des embryons congelés, que se passerait-il si le centre fermait ? Comment sont conservés les embryons ? Quelles sont les mesures de sécurité du centre? N’oubliez pas que le résultat final est un enfant en bonne santé. 

Les couples qui recourent à des traitements de ce type ont généralement un parcours difficile et particulièrement stressant. Un soutien psychologique et une  disponibilité constante de l’équipe sont très importants pour amener au résultat tant désiré.

 

2. Les résultats sont meilleurs à l’étranger  

Il est vrai que les taux de grossesse publiés par certains centres sont exceptionnellement élevés. Nous tenons à vous rendre attentifs au fait que chaque couple est différent et que les taux de grossesse annoncés concernent très souvent les situations les plus favorables.

 De plus, il est souvent difficile de savoir si ces chiffres concernent les taux de succès par traitement FIV, par transfert d’un ou de deux embryons, ou les taux obtenus par don d’ovule, etc. 

Le 5 juin 2016, le peuple suisse a accepté une modification de la LPMA permettant de recourir au diagnostic préimplantatoire. Cette modification de la loi nous permet, entre autres, de congeler des embryons (seul les zygotes pouvaient être congelés) et de prolonger la durée de congélation de 5 à 10 ans.

Ces éléments vont nous permettre de mieux identifier les embryons capables de donner une grossesse et de diminuer le nombre de grossesses multiples.

Il faut aussi noter  que la FIV n’est pas toujours indiquée en première intention,  et que des traitements de stimulation de l’ovulation, chirurgicaux (opération des trompes, endométriose, etc) ou des inséminations intra-utérines peuvent très bien convenir. Ces traitements sont pris en charge par les caisses maladie en Suisse. Plus de 40% des grossesses obtenues au CPMA, l’ont été par ces techniques. 

 

3. Le traitement envisagé est interdit en Suisse 

Effectivement, la LPMA interdit un certain nombre de traitements, en particulier :

Le don d’ovocyte, le don d’embryon, le recours à des mères porteuses, le don de sperme chez les couples non mariés, les femmes seules, les couples lesbiens. 

Tous ces traitements sont accessibles en Europe (bien que peu de pays admettent le recours à une gestation pour autrui).

Notons qu’en Suisse, contrairement à une idée répandue, il est parfaitement légal de laisser évoluer les embryons pendant 5-6 jours (culture prolongée ou blastocyste). 

Nous tenons toutefois à vous mettre en garde, car un certain nombre de questions doivent être posées avant de recourir à ces traitements :

Lors du don d’ovocyte, par exemple : Comment se fait le choix de la donneuse et quelles investigations ont été pratiquées? Quel âge a-t-elle? Est-ce que le centre utilise la même donneuse pour plusieurs couples ou m’est-elle réservée? Combien d’embryons vont être transférés? Est-ce que le centre présente les critères de qualité suffisant? Quels sont les résultats? Est-ce que la législation permet à l’enfant d’accéder à l’identité de la donneuse ou du donneur à l’âge adulte?  Et plus généralement, est-ce que le couple est prêt à recevoir un embryon dont l’ovule provient d’une donneuse? 

Les couples sont parfois démunis face à ces questions et ont souvent recours à des forums de discussion et des sites internet pour trouver des réponses. Les spécialistes de la médecine de la reproduction et l’équipe de soutien psychologique sont là pour vous aider. Notons aussi que certains traitements peuvent induire d’importantes difficultés légales. Par exemple, la filiation d’un enfant issu d’une mère porteuse peut poser de nombreux problèmes, car en Suisse c’est la femme qui a accouché de l’enfant qui, de prime abord, est considérée comme étant la mère légale. 

En conclusion :

En Suisse nous avons d’excellents résultats et la modification récente de la LPMA va nous permettre d’offrir aux couples de nouvelles prestations tels le diagnostic préimplantatoire, la congélation des embryons, la diminution des risques liés aux grossesses multiples et la limitation du nombre de traitements par une meilleur identification de l’embryon à transférer.

Nos spécialistes sont, bien sûr,  à votre disposition pour répondre à vos questions.

 

CPMA, Rue de la Vigie 5, 1003 Lausanne, tél: 021 321 15 80